Togo : l’eau, un luxe qui fait toujours défaut

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L’eau potable reste un privilège pour beaucoup de personnes au Togo . Rivières troubles, puits non protégés et réseaux vétustes exposent la population à des risques sanitaires majeurs et rappellent l’urgence d’une action durable.

L’eau potable reste un luxe pour beaucoup

L’accès à l’eau potable est un défi majeur au Togo. Dans les villes comme Lomé, Kara ou Sokodé, les réseaux urbains sont vétustes, marqués par des fuites et des coupures régulières. L’entretien insuffisant aggrave la pénurie, surtout en période de sécheresse. Dans les zones rurales, de nombreux villages dépendent encore de rivières, marigots ou puits non protégés. Ces sources d’eau sont souvent troubles et contaminées, exposant les populations à des maladies hydriques sévères.

Dans les zones rurales, la situation est encore plus préoccupante. Selon les dernières estimations de l’UNICEF et de l’OMS (2022), seuls 8,1 % des habitants ruraux ont accès à une source d’eau potable améliorée, contre 33,9 % en zones urbaines. De nombreux villages dépendent encore de puits traditionnels, rivières et marigots, dont l’eau est souvent contaminée par des bactéries et des métaux lourds.

Conséquences sanitaires et sociales

Des études scientifiques récentes confirment que même dans les zones où l’eau est techniquement “améliorée”, la qualité reste problématique. Une publication de juin 2025 a analysé la qualité des eaux souterraines dans la zone côtière de Lomé et a détecté des concentrations inquiétantes de nitrates, de bactéries coliformes et d’autres contaminants chimiques. Ces conditions favorisent l’apparition de maladies hydriques telles que diarrhées, choléra, hépatite A ou infections parasitaires, particulièrement chez les enfants.

La publication intitulée “Groundwater Characteristics and Quality in the Coastal Zone of Lomé, Togo” a été réalisée par des chercheurs affiliés à plusieurs institutions universitaires, notamment le Regional Center of Excellence on Sustainable Cities in Africa (CERViDA‑DOUNEDON) à l’Université de Lomé, ainsi que des départements de géographie et d’urbanisme d’universités du Bénin et du Togo.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2025) souligne que l’exposition prolongée à une eau non potable entraîne des coûts sanitaires élevés et contribue à la malnutrition et à la mortalité infantile. Les conséquences économiques sont également significatives, avec des dépenses importantes pour l’achat d’eau ou pour traiter les maladies liées à la consommation d’eau contaminée.

L’accès limité à une eau potable fiable pèse sur les ménages. Le coût pour acheter ou traiter l’eau représente une part importante du budget familial, en particulier dans les zones rurales. L’absence d’eau sûre réduit la productivité, détourne du temps pour l’éducation et augmente la vulnérabilité des populations aux maladies. Les femmes et les enfants sont les plus affectés, car ce sont souvent eux qui assurent l’approvisionnement quotidien en eau.

Les investissements gouvernementaux et leur limite

Face à cette situation, le gouvernement togolais a annoncé dans le budget 2026 la mobilisation de 21 milliards de FCFA pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement. Les projets incluent la construction de forages sécurisés, l’extension des réseaux urbains et la modernisation des infrastructures existantes.

Cependant, plusieurs enquêtes de terrain menées par des médias locaux en 2025 et 2026 révèlent que ces investissements restent insuffisants. Dans de nombreux villages, l’eau fournie par les nouveaux forages n’atteint pas tous les foyers, et certains puits continuent de se tarir en saison sèche. Les critiques pointent aussi le manque de maintenance et de suivi régulier, qui limite l’efficacité des projets.

L’eau, un enjeu de développement

Garantir l’accès à une eau potable de qualité est un levier de développement économique et social. Sans eau sûre, la santé des populations, l’éducation et la productivité restent fragiles. Les experts en assainissement recommandent des investissements soutenus, une maintenance régulière des infrastructures, et une surveillance stricte de la qualité de l’eau. Le Togo doit combiner ressources financières et gouvernance efficace pour transformer l’accès à l’eau en un service fiable et durable.

L’eau potable au Togo reste une ressource précieuse et insuffisante. Malgré des projets gouvernementaux et des investissements récents, la population continue de dépendre de sources parfois dangereuses. Les impacts sanitaires, sociaux et économiques sont réels et soulignent la nécessité d’une action urgente et coordonnée. L’accès à une eau sûre n’est pas un luxe : c’est un droit fondamental et un indicateur clé du développement national.

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