Insécurité alimentaire nord Togo : qui profite de la misère ?

Une insécurité alimentaire nord Togo frappe les populations vulnérables cette année. Tandis que les institutions internationales lancent des alertes répétées, les prix des denrées de base, et particulièrement ceux du riz local, grimpent en flèche. Cette situation soulève une question urgente : qui tire réellement profit de cette instabilité dans les préfectures les plus isolées ?

Des mécanismes de marché grippés par l’insécurité

L’insécurité grandissante dans les zones frontalières au nord perturbe les circuits de distribution traditionnels. Les agriculteurs peinent à accéder à leurs terres. En conséquence, l’offre de céréales locales diminue drastiquement. Sur les marchés, cette rareté crée une opportunité pour certains acteurs économiques. Les prix ne suivent plus uniquement les lois de l’offre et de la demande, mais reflètent les risques accrus de transport et de stockage. La logistique, autrefois fluide, devient un goulot d’étranglement coûteux.

Le rôle trouble des intermédiaires commerciaux

Au cœur de cette flambée des prix, le rôle des intermédiaires pose problème. Dans un contexte de crise, ces derniers occupent souvent l’espace laissé vacant par l’absence d’infrastructures de stockage étatiques. En stockant massivement le riz local, ces commerçants créent une rareté artificielle qui pousse les prix à la hausse. Cette spéculation sur la misère transforme un problème de production en une crise d’accessibilité financière. Pendant que les familles luttent pour se nourrir, les marges des intermédiaires explosent souvent au détriment du petit producteur et du consommateur final.

Subventions de l’État : une efficacité à démontrer

L’État togolais multiplie les initiatives pour contrer cette inflation, notamment via la distribution d’intrants agricoles et des appuis financiers. Toutefois, sur le terrain, ces subventions peinent à produire les effets escomptés. Le défi réside dans le ciblage des bénéficiaires. Trop souvent, l’aide ne parvient pas jusqu’au petit exploitant isolé du nord. Il est crucial de repenser ces mécanismes pour qu’ils deviennent de véritables outils de régulation plutôt que de simples aides ponctuelles. La transparence dans la chaîne de distribution reste le chaînon manquant pour protéger le pouvoir d’achat des populations locales.

Vers une transformation du système agricole

Pour résoudre cette crise durablement, le Togo doit miser sur la structuration des coopératives agricoles. En renforçant le pouvoir de négociation des producteurs, on limite l’influence néfaste des intermédiaires. L’amélioration des capacités de stockage locales permettrait également de lisser la disponibilité des produits tout au long de l’année. La souveraineté alimentaire ne pourra être atteinte que par une gestion plus rigoureuse des chaînes de valeur. Les décideurs doivent agir avec pragmatisme pour transformer ces défis en opportunités de développement rural.

Plus d'actualité

Adresse : Tokoin Novissi, face église Catholique Notre dame de la paix.

Récepissé : N°0121/HAAC/02-2024/Pl/P

équipe de publication

Directeur Général : FIOKLOU-TOULAN Ayivi Germain

Contact : 90 84 48 48

Directeur de publication : AZIAGBLE Dédé Epiphanie

Contact : 93 82 48 48

Copyright © Le Perroquet-Ako

Retour en haut