
Les partenariats public-privé se trouvent au cœur de la FIL 2025. Le premier panel tenu le 12 décembre, met en lumière les enjeux de modernisation et de gouvernance de la foire. Les acteurs publics et privés y présentent des solutions concrètes pour créer un cadre plus efficace, plus stable et capable de soutenir l’avenir de cet événement majeur.
Le CETEF plante le décor d’une modernisation indispensable
Judith Adji Djeri, directrice de la communication et du marketing du Centre togolais des expositions et foires (CETEF), a ouvert la rencontre. Elle représente une institution qui organise la FIL depuis quarante ans. Selon elle, la foire s’est imposée au fil du temps comme un moteur essentiel pour l’économie nationale. Elle stimule les entreprises locales, soutient les collectivités et renforce l’activité commerciale de tout le pays.
Pour cette édition anniversaire, elle appelle à une nouvelle étape. « La FIL est un levier majeur de développement. Mais sa pérennité dépend de notre capacité à repenser le modèle organisationnel », a-t-elle déclaré. Aujourd’hui, la compétitivité et l’innovation exigent un cadre plus agile. Ainsi, seule une collaboration solide entre le public et le privé permettra d’accompagner cette évolution. Cette coopération doit soutenir la modernisation des infrastructures et l’amélioration des services.
Elle rappelle aussi que l’État apporte la vision stratégique et le cadre institutionnel. En parallèle, le secteur privé fournit l’expertise technique, l’innovation et parfois les ressources financières. « Le défi est de construire un cadre clair, stable et équilibré pour optimiser cette complémentarité », a-t-elle insisté.
Le secteur privé revendique une implication mieux structurée
Face à ce constat, les représentants du Conseil national du patronat (CNP) et de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) ont partagé leurs attentes. Pour Aboki Vignon, président du Groupement togolais des très petites, petites et moyennes entreprises (GTPME), l’engagement du secteur privé doit évoluer. Selon lui, les PME et PMI sont déjà présentes à la foire. Cependant, leur rôle reste limité dans les décisions importantes.
Il estime donc que leur vision doit être intégrée dès le début du processus. « Le secteur privé contribue déjà financièrement et techniquement à la FIL. Mais pour accompagner sa transformation, il doit être entendu », a-t-il affirmé. Il souligne également un point crucial : l’absence d’un cadre réglementaire réellement opérationnel. Cette faiblesse freine le développement d’un partenariat équilibré et efficace.
CCI-Togo : un PPP exige un cadre clair et une infrastructure moderne
Pour la CCI-Togo, les attentes sont similaires. Son directeur de la promotion et de l’action commerciale, Kwassi Falschau Agbodoh, rappelle que le PPP implique un transfert partiel de responsabilités vers le privé. Ce mécanisme doit améliorer les performances tout en garantissant un meilleur service. Pour réussir, il faut un cadre légal solide et une définition précise des rôles.
Selon lui, la FIL doit s’appuyer sur un cahier des charges complet et sur une vision ambitieuse. L’objectif est clair : construire un centre international d’exposition conforme aux standards mondiaux. « Ce partenariat doit nous permettre d’atteindre ce niveau », a-t-il expliqué. À ses yeux, seules des infrastructures modernes permettront à la FIL de rivaliser avec les grands événements internationaux.
Une FIL en pleine effervescence
En attendant ces transformations, la 20ᵉ FIL suit son programme jusqu’au 14 décembre. Plus de mille exposants venus de plusieurs pays participent à cette édition. Grâce à cette diversité, la foire reste une plateforme dynamique. Elle favorise les échanges commerciaux, culturels et technologiques. Le public continue d’affluer, attiré par les rencontres d’affaires, les innovations et les animations.
Ce premier panel ouvre cependant un débat plus profond. Il montre qu’au-delà de l’ambiance festive, une réflexion stratégique se met en place. La FIL doit désormais regarder vers l’avenir. Elle doit s’adapter, se moderniser et renforcer l’alliance entre l’État et le secteur privé. C’est à ce prix qu’elle pourra consolider sa position dans la sous-région et poursuivre son expansion.





