
L’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi ravive les tensions dans une Libye encore profondément divisée. Des centaines de partisans se sont rassemblés pour exprimer leur soutien à l’héritier politique du colonel Kadhafi. Les funérailles, de ce vendredi à Bani Walid, bastion historique du régime Kadhafi, sont à la fois un hommage et un révélateur des fractures persistantes dans le pays.
Bani Walid, symbole de fidélité au régime Kadhafi
La ville de Bani Walid, située à 180 km au sud-est de Tripoli, est considérée comme le bastion de la tribu Warfalla, fidèle à l’ancien colonel Kadhafi. En effet,la ville commémore, chaque année, le coup d’État de 1969.
Le choix de Bani Walid pour les funérailles de Seif al-Islam Kadhafi n’est donc pas anodin. Mohamed Kadhafi, demi-frère de l’ancien dirigeant, a souligné sur Facebook que cette décision reflétait « notre respect pour cette ville qui est restée fidèle à notre famille ». Pour beaucoup, Bani Walid symbolise la mémoire du régime Kadhafi et la résistance à l’ordre politique post-2011.
Une Libye encore divisée
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye connaît une instabilité chronique. Le pays reste partagé entre le gouvernement reconnu par l’ONU, dirigé par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah à Tripoli, et l’administration orientale soutenue par le maréchal Khalifa Haftar.
Le meurtre de Seif al-Islam Kadhafi survient dans ce contexte tendu. M. Dbeibah a condamné l’assassinat, déclarant : « Les assassinats n’ont jamais apporté la stabilité… mais ont plutôt approfondi les divisions ». Les funérailles risquent donc d’exacerber les tensions entre les différentes factions politiques et tribales.
La sécurité des funérailles, un défi
Le ministre de l’Intérieur, Imad Trabelsi, a assuré que les autorités locales veilleraient à la sécurité de la cérémonie. Mais dans une Libye marquée par la prolifération des armes et la fragmentation du pouvoir, garantir la paix durant les funérailles s’annonce complexe.
Les habitants de Bani Walid, habitués aux commémorations du régime Kadhafi, se préparent à un rassemblement massif. Les forces locales devront concilier sécurité et respect des traditions, sous l’œil attentif des observateurs internationaux.
L’héritage politique de Seif al-Islam Kadhafi
Seif al-Islam Kadhafi, autrefois pressenti comme héritier du pouvoir, avait tenté de revenir sur la scène politique libyenne ces dernières années. Son assassinat met fin à cette perspective et crée un vide symbolique pour les partisans du régime déchu.
Les analystes estiment que la disparition de l’héritier accentuera le rôle des figures militaires et tribales dans le pouvoir local. La mémoire de Kadhafi continue d’influencer les dynamiques politiques, et Bani Walid apparaît désormais comme le lieu de concentration de cette nostalgie.





