
La création d’entreprises au Togo a reculé de 4,8 % en 2025, avec 14 202 nouvelles immatriculations contre 14 919 en 2024. Il s’agit du deuxième recul consécutif après une baisse de 13 % l’année précédente. Cette tendance fragile met en lumière un ralentissement durable de la dynamique entrepreneuriale.
Des freins structurels
Le premier trimestre avait pourtant montré une certaine vigueur avec 4 262 entreprises créées. Mais la dynamique s’est progressivement essoufflée au fil des mois. Le deuxième trimestre a enregistré 3 485 nouvelles immatriculations, le troisième 3 352, et le quatrième seulement 3 103, le niveau le plus bas de l’année. Cette évolution traduit un ralentissement général qui mérite l’attention des décideurs.
Le recul des créations s’explique principalement par des difficultés d’accès au financement et par la saturation de certains secteurs. Les institutions financières privilégient les entreprises déjà établies, jugées moins risquées. En conséquence, les startups et micro-entreprises peinent à obtenir les crédits nécessaires pour démarrer et se développer. Cette situation limite l’innovation et freine l’initiative des jeunes entrepreneurs.
Par ailleurs, certains secteurs comme le commerce de détail, la restauration ou le transport sont saturés. Dans un marché togolais relativement restreint, les nouvelles entreprises ont du mal à se positionner et à trouver une clientèle suffisante pour assurer leur croissance. Ces obstacles structurels s’ajoutent à un contexte économique déjà tendu, rendant la reprise difficile.
Des réformes insuffisantes
Malgré les efforts des autorités pour améliorer le climat des affaires, le ralentissement persiste. La digitalisation des procédures, la réduction des coûts et des délais de création ont été mises en œuvre, mais elles n’ont pas suffi à compenser les problèmes de financement et la saturation sectorielle. Le recul observé en 2024 et 2025 confirme que la dynamique entrepreneuriale est en berne et que des mesures supplémentaires sont indispensables pour soutenir les nouveaux projets.
Ce ralentissement affecte directement la diversification économique et la capacité du pays à créer des emplois pour les jeunes. Les données mettent en évidence un besoin urgent de renforcer l’accompagnement des entrepreneurs afin d’éviter que le marché togolais reste figé.
Enjeux pour l’avenir
Pour relancer l’initiative privée, le Togo doit mettre en place des solutions concrètes et adaptées. Le financement doit être accessible aux jeunes entrepreneurs et aux startups. Les secteurs porteurs doivent être diversifiés afin de ne plus se limiter aux domaines saturés. L’innovation et les technologies pourraient également offrir de nouvelles opportunités, notamment dans les zones urbaines et rurales.
Le décrochage des créations d’entreprises au Togo constitue un signal d’alerte. Le pays doit agir rapidement pour maintenir son dynamisme entrepreneurial, stimuler l’emploi des jeunes et soutenir une croissance économique durable. Sans intervention, le marché pourrait rester limité et les jeunes peu encouragés à entreprendre, ce qui pèserait sur l’avenir du pays.





