
Des mobilisations ont éclaté mardi dans plusieurs villes du Nigeria, notamment à Lagos, Ibadan et Maiduguri, pour dénoncer la recrudescence des enlèvements visant des élèves et des personnels éducatifs. Les manifestants réclament un renforcement urgent de la sécurité dans les établissements scolaires, alors que les attaques armées continuent de frapper le secteur de l’éducation.
Une pression croissante sur les autorités
À Maiduguri, dans l’État de Borno, les représentants du corps enseignant ont directement interpellé les autorités locales. Le secrétaire du syndicat nigérian des enseignants, Yusuf Tom, a remis une lettre officielle appelant à des mesures de protection renforcées dans les écoles.
Il insiste sur la nécessité de garantir un environnement sécurisé afin d’assurer la continuité des enseignements, malgré la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la région.
Des accusations d’inaction face aux enlèvements
Dans le même temps, le Congrès du travail nigérian a dénoncé la multiplication des kidnappings dans la région d’Askira Mossa. Selon son représentant, Musa Umar Chiroma, environ 28 élèves et enseignants auraient récemment été enlevés.
Il critique vivement la réaction des autorités, qu’il juge insuffisante face à ce qu’il qualifie de grave atteinte au droit fondamental à l’éducation.
Des manifestations dans plusieurs grandes villes
La contestation ne s’est pas limitée au nord-est du pays. À Ibadan, des manifestants ont exprimé leur indignation à travers des pancartes portant des messages clairs : « l’enlèvement n’a pas sa place dans l’éducation ».
À Lagos, d’autres cortèges ont convergé vers le siège de l’assemblée locale pour exiger la libération des élèves toujours retenus et des réponses concrètes des autorités.
Une situation sécuritaire de plus en plus préoccupante
Pour plusieurs organisations de défense des droits humains, la situation atteint un niveau critique. Hassan Taiwo, du Education Rights Campaign, estime que « l’éducation est assiégée » au Nigeria, en raison de la multiplication des attaques contre les écoles, les élèves et les enseignants.
Ces violences s’inscrivent dans un contexte sécuritaire déjà très tendu. Le 15 mai, au moins 46 élèves et membres du personnel éducatif ont été enlevés dans l’État d’Oyo, dans le sud-ouest du pays. Le même jour, environ 42 personnes ont également été kidnappées dans le nord-est, notamment dans l’État de Borno.
Les autorités attribuent généralement ces attaques à des groupes armés actifs dans la région, dont des factions liées à Boko Haram.
Une réponse encore limitée des autorités
Face à cette situation, le syndicat des enseignants de l’État d’Oyo a lancé une grève illimitée depuis lundi. Toutefois, aucun mouvement national n’a encore été annoncé à ce stade.
Les enlèvements d’écoliers demeurent l’un des défis sécuritaires majeurs du Nigeria. Depuis plus de quinze ans, le pays fait face à des violences récurrentes dans le nord, qui continuent de fragiliser durablement le système éducatif.