
Les inondations à Lomé ne relèvent plus du simple aléa climatique. Elles traduisent un problème urbain profond. À chaque pluie, même modérée, plusieurs quartiers sont envahis par l’eau. Les routes deviennent impraticables. La circulation ralentit. Parfois, elle s’arrête totalement. Ce phénomène n’est pas nouveau. Toutefois, il semble s’aggraver. La croissance rapide de la ville, combinée à une urbanisation peu encadrée, accentue la situation. De plus, les infrastructures de drainage restent limitées. Dans certains cas, elles sont mal entretenues ou inadaptées.
Cotonou, un virage stratégique assumé
À quelques kilomètres, Cotonou offre un exemple intéressant. Il y a encore quelques années, la ville faisait face à des inondations sévères. Certains quartiers restaient sous l’eau pendant des semaines. Pourtant, la situation a évolué.
Le changement repose sur une décision claire. Les autorités ont abandonné les solutions temporaires. À la place, elles ont choisi une approche globale. Cette stratégie s’appuie sur des investissements lourds et une vision à long terme.
Le Projet d’Asphaltage a permis de reconstruire de nombreuses routes. Ces infrastructures intègrent désormais des systèmes de drainage efficaces. Par ailleurs, le Programme d’Assainissement Pluvial a transformé la gestion de l’eau à l’échelle de la ville. Ce projet a été soutenu par la Banque mondiale et l’Agence française de développement.
Concrètement, des collecteurs souterrains ont été construits. Des bassins de rétention ont été aménagés. La ville a aussi été organisée en zones hydrauliques. Grâce à cela, l’eau s’évacue plus vite. Les inondations persistent parfois, mais elles durent moins longtemps.
Le Togo face à un choix stratégique
Le contraste avec Lomé est frappant. Ici, les interventions restent souvent ponctuelles. Les travaux visent à corriger des problèmes immédiats. Cependant, ils ne traitent pas les causes profondes. Pourtant, le Togo peut s’inspirer du modèle béninois. Les partenaires financiers existent. La Banque africaine de développement, comme d’autres institutions, finance déjà ce type de projets en Afrique. Le véritable enjeu se situe ailleurs.
Il faut d’abord une vision claire. Ensuite, il faut planifier à l’échelle de toute la ville. Enfin, il faut coordonner les actions entre urbanisme, voirie et hydraulique. Sans cette cohérence, les efforts restent limités.
De plus, un tel projet demande du temps. Il s’inscrit sur plusieurs années. Il exige aussi une forte capacité d’exécution. Les travaux doivent être bien réalisés. Surtout, les infrastructures doivent être entretenues.
Réduire sans illusion, mais avec ambition
Il serait irréaliste de viser zéro inondation. Cotonou elle-même reste exposée. Comme Lomé, elle est située en zone côtière. Le niveau bas du terrain limite les possibilités. Cependant, l’objectif peut être clair. Il s’agit de réduire fortement l’impact des pluies. L’eau doit s’évacuer en quelques heures, et non en plusieurs jours. Les routes doivent rester praticables. Les activités économiques doivent continuer.
Pour y parvenir, le Togo doit changer d’échelle. Il doit passer d’une gestion réactive à une stratégie d’anticipation. Cela implique des choix politiques forts. Cela implique aussi des investissements importants.
En définitive, le modèle de Cotonou ne doit pas être copié à l’identique. Il doit être adapté. Mais il prouve une chose essentielle. Une transformation est possible. À condition d’allier vision, moyens et constance.