
Le gouvernement de la Ve République du Togo a été dévoilé le 8 octobre 2025, cinq mois après l’entrée en fonction officielle de la Cinquième République le 3 mai. Les citoyens avaient placé beaucoup d’espoir dans cette équipe. Ils espéraient un gouvernement innovant et inclusif. Dès sa publication, le cabinet a révélé une forte continuité avec les équipes précédentes, peu de jeunes ministres et une absence marquée de réformes concrètes. L’enthousiasme initial laisse place à une déception partagée par une large partie de la population.
Continuité visible dans le gouvernement de la Ve République du Togo
Le gouvernement compte 27 membres, dont 17 ministres de plein exercice et 10 ministres délégués. Les portefeuilles stratégiques sont confiés à des personnalités déjà connues. Gilbert Bawara conserve ses fonctions aux Relations avec le Parlement, Robert Dussey reste aux Affaires étrangères et Cina Lawson continue de diriger le numérique et le service public. Certains ministres changent légèrement de département, mais les ruptures majeures restent rares. La continuité domine sur le renouveau.
Inclusion et jeunesse : ce qui manque
L’inclusion était promise comme un pilier de la nouvelle République. Pourtant, le gouvernement Ve République Togo ne reflète pas cette ambition. Les jeunes restent absents des postes clés. Le ministère de la Jeunesse et des Sports existe, mais il est dirigé par un ministre délégué, ce qui limite son impact. Très peu de nouveaux visages issus de la société civile ou de la jeunesse émergente figurent dans le gouvernement. Les membres reconduits dominent, et les jeunes se sentent relégués au rôle de spectateurs plutôt que d’acteurs.
Déception populaire : attentes vs réalité
Après cinq mois d’incertitude, la population attendait une équipe qui mise sur la performance et l’équilibre entre régions, genres et générations. Le peuple espérait des visages nouveaux, un souffle de modernité et des dirigeants capables de réformer rapidement. Or, le gouvernement Ve République Togo reproduit largement les profils anciens. Le retard dans la nomination renforce le scepticisme. Beaucoup se demandent pourquoi il a fallu autant de temps pour reconduire des ministres déjà connus.
Ce gouvernement peut-il surprendre dans l’action ?
Malgré ses limites, certaines priorités pourraient produire des résultats visibles. La transformation numérique, l’aménagement du territoire et la réorganisation de certains départements représentent des opportunités. Les ministres délégués chargés de la jeunesse, de l’investissement ou de l’enseignement supérieur montrent une tentative d’ouverture. Cependant, cette ouverture ne sera jugée qu’aux résultats. Si les décisions restent formatées selon les anciens schémas, la Ve République se réduira à un simple changement de nom.
Le premier gouvernement de la Ve République du Togo combine continuité et quelques ajustements mineurs, mais sans rupture marquée. La jeunesse reste en marge et l’inclusion tant promise apparaît comme un vœu plus qu’une réalité. Le peuple peut espérer que ce gouvernement justifie la confiance placée en lui. Pour l’instant, les promesses restent à concrétiser, et la patience du public pourrait bientôt se transformer en exigence.





