
La SAZOF (Société d’administration de la zone franche) s’efface officiellement du paysage institutionnel togolais. En effet, le Conseil des ministres du mercredi 26 août 2026 a adopté le décret portant sa dissolution. Cette décision met fin à plus de trois décennies de gestion autonome de la zone franche. Certes, l’exécutif justifie cette mesure par un besoin de rationalisation administrative. Cependant, ce remaniement soulève de nombreuses questions économiques. De plus, il laisse planer de vives inquiétudes sur le sort des salariés.
Un bilan contrasté et un besoin d’unification institutionnelle
La SAZOF avait pour mission initiale de stimuler les investissements directs étrangers. Grâce à des avantages fiscaux attractifs, la structure a longtemps servi de vitrine industrielle.
Néanmoins, le modèle a progressivement montré ses limites. En effet, la superposition des démarches administratives a souvent ralenti les projets des investisseurs. L’adoption du Code des investissements de 2019 avait déjà amorcé un transfert de compétences. De ce fait, la coexistence des deux structures devenait redondante. Sa dissolution supprime donc un doublon administratif. Toutefois, les observateurs déplorent les lenteurs accumulées avant cette simplification.
L’API-ZF face aux défis du transfert de compétences
Désormais, l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF) hérite de l’ensemble des missions. De plus, le texte officiel lui attribue la gestion et l’aménagement des zones industrielles.
Cependant, ce transfert massif soulève d’importants défis opérationnels. Par conséquent, l’API-ZF doit rapidement absorber cette nouvelle charge de travail. Elle doit aussi garantir la continuité des services aux entreprises déjà installées. Ainsi, la capacité d’action de cette nouvelle entité constituera le premier test de la réforme.
Reclassement ou licenciement : les zones d’ombre autour du personnel
Le point le plus délicat concerne la gestion des ressources humaines. En effet, le communiqué officiel indique que la situation du personnel sera réglée selon la loi. Or, cette formule très vague entretient un flou inquiétant sur le terrain.
Sur le plan juridique, la dissolution implique deux choix majeurs. D’une part, l’API-ZF peut intégrer une partie des agents. D’autre part, la structure peut engager des licenciements économiques avec indemnités. Pour l’instant, aucun plan de reclassement précis n’a été publié. De même, le nombre exact de postes sauvegardés reste inconnu. Cette absence de calendrier chiffré alimente donc l’angoisse des travailleurs concernés.