
Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam et le lobbying américain
Le 19 août 2025, Tidjane Thiam a signé un contrat de 290 000 dollars avec deux cabinets basés à Washington. Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, exclu de la présidentielle d’octobre, a choisi de miser sur le lobbying américain. À travers la campagne baptisée Free and Fair Côte d’Ivoire, il veut attirer l’attention internationale sur les conditions du scrutin.
Quelques semaines plus tard, le 8 septembre, le Conseil constitutionnel a confirmé son exclusion définitive de la course. L’ancien banquier devenu chef de parti a donc perdu toute chance de figurer sur le bulletin de vote. Pourtant, sa stratégie d’influence reste au centre du débat politique.
Une campagne qui dépasse l’élection
Tidjane Thiam sait qu’aucune pression extérieure ne pourra inverser la décision du Conseil constitutionnel. Mais son recours au lobbying américain n’a pas pour but unique de contester sa radiation. Il s’agit aussi de transformer son exclusion en symbole. En mettant en avant la défense d’élections libres, il se pose en acteur engagé pour la démocratie ivoirienne.
La campagne Free and Fair Côte d’Ivoire vise à sensibiliser les médias, les ONG et certains décideurs politiques américains. Le but : faire entendre que le processus électoral n’est pas inclusif. Même si l’impact immédiat reste limité, cette démarche pourrait affaiblir la légitimité du scrutin sur la scène internationale.
Les chances d’aboutissement du lobbying américain
Les scénarios sont clairs.
Première hypothèse : réintégrer la présidentielle. Ce scénario est impossible. La décision constitutionnelle est sans appel. Aucune campagne, aussi coûteuse soit-elle, ne peut rouvrir cette porte.
Deuxième hypothèse : fragiliser le scrutin. Sur ce terrain, les chances existent. Les cabinets engagés par Thiam peuvent obtenir des relais dans la presse américaine et dans certains cercles politiques. Cela peut donner de l’écho à son exclusion et ternir l’image du processus électoral. Mais les grands partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire privilégient souvent la stabilité, même au prix de critiques modérées.
Troisième hypothèse : préparer l’avenir. C’est le scénario le plus probable. En se positionnant comme défenseur d’élections justes, Tidjane Thiam renforce son image. Il maintient sa visibilité, mobilise sa base et se prépare pour l’après-2025. Le lobbying américain devient alors un investissement stratégique, pensé sur le long terme.
Une bataille d’image pour l’avenir politique
Tidjane Thiam n’a pas gagné le droit de concourir. Mais il entend gagner la bataille du récit. Exclu du scrutin, il refuse le silence et s’impose comme une voix critique du pouvoir. Son message vise à dépasser son cas personnel pour toucher un enjeu plus large : la qualité de la démocratie en Côte d’Ivoire.
Dans ce contexte, son lobbying américain apparaît comme une arme d’influence. Il ne s’agit pas seulement de parler à Washington, mais d’envoyer un signal aux électeurs ivoiriens. Thiam veut montrer qu’il reste une figure centrale, même privé de candidature.
L’avenir dira si cette stratégie portera ses fruits. Mais une chose est sûre : en lançant Free and Fair Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam a choisi de ne pas subir son exclusion. Il a décidé de transformer une défaite immédiate en tremplin politique.





