
Dans le grand jeu des marchés publics, certains candidats font preuve d’une audace surprenante. En effet, ils déploient une véritable imagination juridique pour contourner les règles. Par exemple, un groupement s’est prêté à une manœuvre administrative entre Hong Kong et Lomé. Son objectif consistait à décrocher un marché stratégique de la CEET. Cependant, un dénonciateur anonyme a révélé la supercherie à temps. Ainsi, l’imposture administrative n’a pas pu l’emporter sur la règle de droit.
Les rouages d’un montage opaque : Le jeu des sociétés miroirs
Au cœur de cette affaire figure le groupement d’entreprises ULEE INTERNATIONAL GROUP Ltd / ABEL COMPAGNIE. En effet, l’enquête de l’ARCOP met en lumière une stratégie très sophistiquée. Le soumissionnaire cherchait à masquer son absence de références conformes. Par conséquent, il a introduit des documents appartenant à une entité locale totalement distincte.
De fait, la société togolaise ULEE GROUP INTERNATIONAL Sarl a vu le jour le 19 mars 2026. Cette immatriculation est donc survenue bien après le lancement du projet PEREL PLUS. Pourtant, le candidat a inséré ses pièces fiscales et administratives dans son dossier. Or, l’investigation prouve que cette structure locale ne possède aucun lien juridique avec la firme de Hong Kong. Ainsi, cette substitution de documents constitue une déclaration mensongère délibérée au Togo.
La récidive en toile de fond : Des failles dans le filtre de contrôle
Cette affaire relance le débat sur la rigueur des vérifications préalables dans les sociétés d’État. D’ailleurs, la Personne Responsable des Marchés Publics de la CEET affirmait n’avoir décelé aucune anomalie. Pourtant, le passif du prestataire exigeait une vigilance bien plus accrue.
En effet, la commission d’évaluation avait déjà écarté une entité similaire en 2025 pour de fausses références. Dès lors, le franchissement des premières étapes de sélection par ce montage pose question. Ainsi, cet épisode montre la vulnérabilité des contrôles internes face aux schémas complexes. Sans cette alerte citoyenne, l’État aurait attribué le marché à un opérateur en situation d’illégalité.
L’impact pour le secteur énergétique : Exigence de transparence et de sécurité
Le projet PEREL PLUS représente un enjeu capital pour le développement de la capitale. En effet, la modernisation du réseau électrique conditionne le quotidien de milliers de foyers. De plus, elle garantit le bon fonctionnement des entreprises locales. Par conséquent, confier ces chantiers à des prestataires frauduleux crée des risques majeurs. Outre les retards, ces pratiques menacent directement la sécurité des installations.
Pour les partenaires financiers du Togo, la fermeté de l’organe de régulation envoie un signal très positif. En effet, la dénonciation des actes illicites assainit le climat des affaires. Toutefois, la protection des investissements publics exige une révision des procédures. Désormais, la détection des fausses déclarations ne doit plus reposer sur le seul hasard.
L’épreuve de la sanction : Un signal fort pour la commande publique
L’aboutissement de cette enquête marque une étape décisive dans la lutte contre la fraude. En qualifiant ces faits de déclaration mensongère, l’autorité rappelle une règle essentielle. En effet, l’intégrité conditionne l’accès aux deniers publics. Ainsi, l’instance va appliquer des sanctions administratives exemplaires contre les acteurs impliqués.
Ainsi, ce dossier fera jurisprudence pour l’ensemble des acteurs de la commande publique au Togo. Il montre la nécessité d’interconnecter les bases de données fiscales et commerciales. Une telle modernisation permettra de vérifier l’authenticité des pièces en temps réel. C’est à ce prix que l’État garantira la transparence de ses marchés.