
La situation à l’Université de Lomé illustre un conflit croissant entre les nominations internes et le cadre légal. Les récents arrêtés créant un poste de directeur de cabinet et nommant son titulaire ont entraîné un rappel officiel du ministère de l’Éducation nationale. Cette affaire met ainsi en lumière les enjeux de gouvernance et de conformité dans les universités publiques togolaises.
Contexte des nominations
En octobre 2025, le président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi HOUNAKE, a signé deux arrêtés successifs. Le premier crée un poste de directeur de cabinet. Le second nomme Monsieur SOSOE Kodjo à cette fonction. Selon les textes, ce poste doit organiser le travail du cabinet, suivre les dossiers stratégiques et coordonner la communication ainsi que la sécurité de l’université.
Cependant, le ministère n’a pas été associé au processus. Cette omission a provoqué un rappel à l’ordre. Dans une note datée du 6 novembre 2025, le ministère insiste sur le respect strict des procédures légales pour la création de nouvelles directions et la nomination de leurs responsables. Il précise aussi que tout acte unilatéral pris en dehors du cadre réglementaire devient nul et sans effet.
Les tensions entre autonomie et cadre légal
Cette affaire révèle une tension ancienne. L’Université de Lomé dispose d’une autonomie administrative et financière. Toutefois, elle reste liée aux lois et décrets qui encadrent la nomination des responsables. Ainsi, la création d’un nouveau poste nécessite l’accord de l’autorité de tutelle.
Ce dilemme met en avant une question centrale : comment concilier l’autonomie opérationnelle et le respect des textes ? Sans coordination claire avec le ministère, des conflits peuvent émerger. C’est le cas ici, et cela remet en cause la légitimité de certaines décisions internes.
Enjeux et conséquences possibles
Ces nominations contestées créent plusieurs conséquences. Elles affectent d’abord la perception de la gouvernance et peuvent nourrir un climat d’incertitude chez les personnels et les étudiants. Elles montrent ensuite la nécessité de renforcer les mécanismes internes de validation et de consultation. Enfin, cette affaire pourrait servir d’avertissement à d’autres universités publiques. Elle souligne l’importance d’appliquer les textes légaux pour éviter toute contestestation administrative.
L’Université de Lomé traverse donc une période de questionnements. La création du poste de directeur de cabinet et la nomination qui s’ensuit exposent les limites de l’autonomie universitaire face au cadre réglementaire national. Gérer ces tensions devient essentiel pour garantir la transparence et la légitimité des décisions dans l’ensemble des universités publiques togolaises.





