
L’actualité récente autour de la réadhésion de l’UPRAD-Togo à la FIATA (Fédération Internationale des Associations de Transitaires et Assimilés) illustre parfaitement ces tensions de leadership. Alors que la direction actuelle de l’UPRAD communique sur cette intégration comme une avancée sans précédent, les révélations de la CCDAT viennent nuancer ce récit : l’association y était déjà affiliée depuis 2011 avant d’en être suspendue pour impayés. Plus qu’une querelle d’archives, cet épisode symbolise le fossé dénoncé par les cadres du secteur à un moment critique où la résolution des blocages du secteur (PIA, surestaries, faux frais) exigerait pourtant un front patronal parfaitement uni.
Une fausse « première historique » pour l’UPRAD-Togo
L’annonce est tombée en juillet dernier à Lomé. Le bureau de l’UPRAD-Togo a réuni la presse. Son président Patrick Magnon a pris la parole. Il a célébré l’entrée du Togo à la FIATA.
Selon lui, le Togo devient le premier pays francophone d’Afrique de l’Ouest membre de cette instance. Les médias ont répété cette affirmation sans vérifier les faits.
Pourtant, cette histoire est fausse. Un simple coup d’œil aux archives le prouve. En 2011, l’UPRAD-Togo figurait déjà parmi les membres actifs de la FIATA. Le Togo ne découvre pas la FIATA aujourd’hui. Il effectue simplement son retour.
Les vraies raisons de la suspension en 2011
Pourquoi le Togo a-t-il quitté la FIATA pendant plus de dix ans ? La raison est très simple. Elle est liée aux finances de l’époque. Entre 2007 et 2018, l’ancienne direction gérait l’UPRAD-Togo. L’association avait réussi à intégrer la FIATA en 2011. Mais les cotisations annuelles coûtaient environ un million de francs CFA.
L’UPRAD-Togo manquait alors de moyens financiers. L’association a donc arrêté de payer ses redevances. La FIATA a appliqué son règlement. Elle a suspendu l’UPRAD-Togo. Ce manque d’argent n’était pas une honte. C’était une réalité économique. Le bureau actuel a payé les dettes. Il a obtenu la réintégration du Togo. Mais il refuse d’employer le mot « réintégration ». Il préfère parler d’une « première fois ».
Patrick Magnon et la FIATA : La mauvaise foi au service des egos
Pourquoi Patrick Magnon masque-t-il l’adhésion de 2011 ? La réponse se trouve dans les divisions internes de la profession. Des tensions ont éclaté au sein de l’UPRAD-Togo. L’ancien président est parti avec plusieurs membres. Ensemble, ils ont créé une nouvelle association. Il s’agit du Conseil des Commissionnaires en Douane Agréés du Togo (CCDAT). Aujourd’hui, Francisco KPODAR préside la CCDAT.
Cette rupture a laissé des blessures profondes. Patrick Magnon refuse de donner du crédit à l’ancienne équipe. Reconnaître l’adhésion de 2011 signifierait saluer le travail du groupe de Francisco KPODAR. Le bureau actuel a donc fait un choix. Il a effacé dix ans d’histoire. Il utilise la FIATA pour régler ses comptes.
Le secteur logistique mérite de l’honnêteté intellectuelle
La recherche du leadership ne justifie pas le mensonge. L’effort du bureau actuel reste positif. Le retour du Togo à Genève est une bonne nouvelle pour le port de Lomé.
Mais la méthode utilisée pose un problème éthique. Le dossier Patrick Magnon et la FIATA montre une dérive grave. On ne bâtit pas un hub logistique fort sur des contre-vérités.
Les transitaires togolais méritent la vérité. Le bureau de l’UPRAD-Togo doit faire preuve d’honnêteté. Il doit célébrer ce retour, sans réécrire l’histoire.