
Le Sahel est devenu l’épicentre mondial du jihadisme. Les coups d’État et l’instabilité fragilisent les États et facilitent la montée des groupes armés. Cette situation pose des défis pour la sécurité régionale et européenne.
Gouvernance affaiblie et expansion des groupes armés
Les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont affaibli les institutions locales. Les juntes militaires ont perturbé les chaînes de commandement. Par conséquent, les États peinent à contrôler les zones frontalières. Selon l’ONG Acled, le nombre d’attaques jihadistes est passé de 1 900 en 2019 à plus de 5 500 en 2024, puis à près de 3 800 en 2025 avant octobre. Cette hausse montre que les groupes armés profitent de la vacance institutionnelle pour étendre leur influence.
João Cravinho, représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, rappelle que « ces organisations ne restent pas où elles sont ». Ainsi, leur présence menace les populations locales et la stabilité régionale. L’instabilité rend difficile la mise en place de stratégies de sécurité coordonnées et efficaces.
Conséquences sur la sécurité régionale et européenne
L’expansion des groupes jihadistes a des impacts directs sur la sécurité régionale. Par exemple, le Togo et le Bénin observent une augmentation des flux migratoires non réglementés. Ces mouvements sont une conséquence indirecte de l’insécurité. L’Union européenne tente donc de renforcer la coopération avec le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie afin de contenir les menaces et sécuriser les routes migratoires.
Cependant, les experts soulignent que la simple présence militaire ou l’aide ponctuelle ne suffit pas. Il faut stabiliser la politique locale, renforcer les institutions et créer des mécanismes de sécurité inclusifs, adaptés aux contextes locaux.
Dépendance extérieure et limites des interventions
La présence de partenaires internationaux, comme la Russie au Mali, illustre les défis géopolitiques. Selon Cravinho, l’aide étrangère n’a pas stabilisé la situation et pourrait accentuer certaines tensions. Les interventions doivent donc être coordonnées avec les autorités locales et adaptées aux réalités sociales et sécuritaires. Sinon, elles risquent d’être contre-productives.
L’expérience du Sahel montre que la sécurité durable repose sur des institutions solides, un dialogue politique et la résilience des communautés. Les coups d’État fragilisent ces structures. Ils offrent un terrain favorable aux groupes jihadistes pour recruter et s’implanter.
L’instabilité politique a créé un terrain propice à la montée du jihadisme. Pour limiter cette menace, la région doit combiner réformes institutionnelles, renforcement de l’État de droit et coopération internationale. L’Europe, tout en surveillant les répercussions, doit comprendre que la sécurité régionale dépend avant tout de la stabilité locale et de la résilience des sociétés.





