
Dans les récents bilans publiés par le Fonds Monétaire International (FMI), l’économie togolaise s’illustre par son absence du classement des dix pays africains les plus endettés. Cette situation confirme que la gestion financière de l’État évite les niveaux de surendettement critiques observés ailleurs sur le continent. Cependant, ce constat encourageant ne doit pas inciter à un relâchement. En effet, avec un niveau d’endettement public évoluant autour de 65 % à 69,5 % du Produit Intérieur Brut (PIB), le Togo navigue très près du plafond communautaire de 70 % fixé par l’UEMOA. Pour ne pas se laisser aspirer vers la zone rouge des pays surendettés, l’exécutif doit exercer une surveillance constante sur ses indicateurs budgétaires.
Une marge de sécurité étroite qui interdit le dérapage
La présence du Togo à distance du Top 10 s’explique par un recours plus modéré aux financements extérieurs directs par rapport aux grandes économies continentales. L’économie togolaise conserve ainsi une capacité d’endettement jugée résiliente par les institutions financières partenaires.
Néanmoins, la marge de sécurité reste particulièrement mince face aux incertitudes économiques. Un choc externe ou une hausse imprévue des dépenses publiques pourraient rapidement détériorer ces ratios. La priorité absolue des finances publiques doit donc consister à prévenir tout glissement progressif vers le haut du classement.
Les leviers essentiels pour préserver l’équilibre financier
Afin d’éviter de se rapprocher des seuils critiques, le gouvernement togolais doit intensifier ses efforts autour de trois axes majeurs. D’abord, l’assainissement de la dette intérieure s’impose comme une urgence. La dette contractée sur le marché régional représente une part importante de l’encours global, et l’allongement des durées de remboursement est crucial pour alléger la pression sur le budget annuel.
Ensuite, la mobilisation accrue des recettes fiscales constitue un levier déterminant. Pour réduire la dépendance envers les emprunts, l’État doit élargir l’assiette fiscale et optimiser le recouvrement sans pénaliser le pouvoir d’achat des ménages. Enfin, la gouvernance des entreprises publiques nécessite un suivi rigoureux, car la maîtrise des engagements financiers liés aux sociétés d’État demeure essentielle pour limiter l’apparition de nouvelles dettes imprévues.
Anticiper pour garantir l’autonomie financière
L’absence du Togo dans ce classement constitue un signe positif qu’il faut préserver à tout prix. Toutefois, la soutenabilité de la dette n’est pas un acquis définitif, mais le résultat d’une rigueur quotidienne et de choix stratégiques cohérents.
Ainsi, en anticipant les risques et en maintenant une discipline budgétaire stricte, le Togo pourra continuer à financer ses projets de développement prioritaires tout en protégeant durablement l’autonomie de ses finances publiques.