
Le naufrage d’un bateau de passagers dans le nord-est du Nigeria, qui a coûté la vie à au moins 26 personnes, relance les critiques sur l’absence de contrôles et la faiblesse de la régulation du transport fluvial. Un drame évitable, selon les acteurs locaux.
Une tragédie annoncée
Dans la soirée de samedi, un bateau rudimentaire reliant l’État de Jigawa à celui de Yobe a chaviré, emportant avec lui des paysans et des pêcheurs. Les autorités locales évoquent une embarcation surchargée, une cause tristement classique au Nigeria. Pourtant, ce type d’accident n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, des dizaines de personnes meurent sur les rivières du pays.
Des règles connues, mais peu appliquées
Officiellement, des normes existent : limitation du nombre de passagers, port de gilets de sauvetage, contrôles des embarcations. En pratique, ces règles restent largement ignorées. Faute d’inspections régulières et de sanctions effectives, les bateliers prennent des risques, souvent sous la pression économique.
« Des mesures ont été prises, mais elles ne sont pas appliquées avec fermeté », déplore Sunusi Ahmed, batelier dans la région. Son témoignage illustre un problème structurel : l’État est présent sur le papier, absent sur le terrain.
Des autorités dépassées ou indifférentes ?
Les agences de gestion des urgences interviennent après les drames, rarement avant. Le manque de moyens, de personnel formé et de coordination affaiblit la prévention. Dans les zones rurales, le transport fluvial reste un angle mort des politiques publiques, malgré son rôle vital pour les populations locales.
Un drame social autant que sécuritaire
Au-delà de la question de la sécurité, ce naufrage révèle une réalité sociale plus large. Pour de nombreux habitants, le bateau reste le seul moyen de déplacement. Renoncer à monter à bord, même surchargé, revient souvent à renoncer à travailler ou à se nourrir. Tant que la régulation restera laxiste et que les alternatives de transport manqueront, ces drames continueront de se répéter, dans une indifférence presque routinière.





